mercredi 14 février 2018

Love me tinder

Est-ce la Saint Valentin ou le fait d’avoir trop écouté Benjamin Biolay? J’ai lu que le nombre d’inscriptions sur les sites de rencontre était monté en flèche ces derniers jours.

Comment trouver l’âme soeur, le grand amour, la flèche qui transperce le coeur? La clé se situe dans l’étude approfondie des profils.

Regardons ensemble.

Tiens, en voilà un qui a une fascination pour les emojis. En description de soi, quinze lignes d’icônes. Il est vrai que c’est très visuel, toutes ces petites formes, mais quand je crois décrypter que tu es un koala qui aime boire de la bière en dansant dans la neige sur du Beyoncé, je me dis que l’interprétation est plutôt hasardeuse ou alors que tu souffres d’un grave problème psychiatrique et que je devrais peut-être passer un coup de fil au zoo.

Au suivant.

Pourquoi pas lui. Voyons voir. Tu écris en anglais que tu es français et que tu as toujours vécu à Paris. Bien, bien. Est-ce que c’est pour rencontrer plus de touristes, l’anglais? Pour ton information, Natalie Portman et Scarlett Johansson sont reparties de Paris. Il y a un moment.

Au suivant.

Ah tiens, lui n’a pas l’air mal. Description. « Fais moi rire ». Ok… Est-ce que tu as cru que c’étaient les rappels du spectacle de stand up de jeudi soir en mode gratuit?

Au suivant. 

Environ 50 profils plus tard, je m’arrête. Lui. Lui, c’est sûr, c’est le père de mes futurs enfants. Description intéressante. Sobre, efficace et drôle. Je m’apprête à liker son profil quand je m’attarde sur la dernière phrase. « Je ne cherche rien de particulier ici ». Ah bah, autant que tu ailles jouer au Cluedo! Tu seras plus heureux avec le Colonel Moutarde, dis donc!!!

Je crois que je vais me rabattre sur celui qui fait carrément monter la température. J’en ai la chair de poule avec ce tigre en  photo de profil…

Le tigre de la jungle tinder

lundi 5 février 2018

Je recherche des sensations*

Le soleil, le wavy des cheveux plein de sel qui suit le rythme des vagues, l’élégance des corps dorés qui glissent sur l’océan. Pas un Gala sans Cameron Diaz ou Matthew McConaughey sur une planche. Le top du cool. 


J’aurais du voir Point Break avant. Parce qu’à côté du beau Keanu**, il y a les méchants surfeurs et ça, ça, c’est un signe qui montre que le surf, c’est pas si cool que ça.

Déjà, j’ai un doute quand je réalise que les deux sessions de la journée ne sont pas entrecoupées d’une petite sieste à l’hôtel. « Ben oui, c’est l’option surf passion ». Surf passion... Alors, c’était pas juste un titre pour faire joli. C’était du sérieux. Et dire qu’on n’est qu’au début de la semaine…

La passion commence avec l’amour de la combinaison. Amour beaucoup moins franc dès le 2ème jour quand il faut l’enfiler à 9h du matin par 13 degrés dans une bruine naissante alors qu’elle est encore trempée et gelée de la veille. Tous les éléments sont réunis pour dire « I love you ».

Heureusement, nous n’avons pas le temps de savourer ce délicieux moment car un des professeurs nous appelle déjà pour l’échauffement en partant à grandes enjambées vers l’autre bout de la plage. 

L’échauffement, c’est un peu la thérapie du groupe:
« J’ai mal aux bras, aux avant-bras, aux abdos, aux cuisses, aux adducteurs, aux... enfin partout quoi! Et toi, il y a un endroit où tu n’as pas mal? »

« Je t’aurais bien dit aux cheveux mais j’ai pris un coup de soleil sur le crâne pendant la seule éclaircie de la semaine ».

Là où je suis le plus dans la passion, c’est avec ma planche. À la fin du premier jour, mon prof me demande de lui faire penser à me la changer le lendemain.

Moi, je suis hyper heureuse. Elle était un peu trop mainstream à mon goût. Et puis, je me suis plutôt bien débrouillée au point de pas avoir trop de sel dans les yeux.

Le lendemain, il m’en tend une autre. Mon regard n’en finit pas de remonter vers son extrémité. Un building. Rien à faire pour négocier. Me voilà avec ma planche à repasser des chemises taille hippopotame à suivre mon groupe tant bien que mal. J’essaye tout pour la porter: devant, derrière, d’un côté, de l’autre, sur la tête. La meilleure technique reste encore la fois où j’ai soudoyé mon prof pour qu’il la porte. 

Le point culminant de ma passion reste pour le take off. Des tête-à-tête interminables avec le sable. « Vas y, Lullaby, sens-toi légère et hop, tu décolles ». Euh... c’est normal si je me sens plus en mode baleine échouée dans un pot de Nocciolata qu’on emmerde en la priant de faire un salto arrière?

Oui, je vais aussi dans l’eau. Mais je trouve qu’ils sont plus intelligents à la montagne. Ils ont créé des remontées mécaniques. Là, une fois que tu t’accroches tant bien que mal à la vague « Vas-y, Lullaby, lève-toi, allez! », que tu échoues sur le sable et qu’il faut recommencer, c’est à toi toute seule de remonter l’océan en te prenant environ 50 vagues dans la tronche. Sans compter la machine à laver quand tu trébuches. 

Entre un verre d’eau salée et un petit cocktail, mon choix est vite fait. Donc oui, je crois que le surf est réellement devenu ma passion. Surtout après la journée de surf.



*Si, malgré le fracassement des vagues, vous entendez quelque chose, voici une petite musique d’ambiance dont j’ai du mal à comprendre la douceur après cette expérience : Sur la planche



**Reeves. Keanu Reeves.


soleil et surf au Portugal

mercredi 3 janvier 2018

Métaphysique de la nouvelle année

Flashback du 1er janvier (tous les 1ers janvier de tous les temps)

De la tisaaaane... allô... S’il vous plaît... Il y a quelqu’un..? De la tisaaaaaaaaaane...

Quelques heures plus tôt, je découvrais une tradition portugaise qui consiste à manger 12 raisins secs en faisant 12 voeux au passage de la nouvelle année. 

Je trouve cela assez exceptionnel. 12 voeux. Tu as le temps de souhaiter un Pola comme la paix dans le monde. Parce que quand tu n’en as qu’un, tu essayes de faire politiquement correct, mais je pense que tu optes à la dernière seconde pour le Pola dont tu as toujours rêvé depuis ta tendre enfance.

Plus tard dans la soirée, une amie se penche vers moi:
« Tu crois que les voeux sont toujours exaucés si on a expulsé les raisins? »
Mon regard perplexe et mon léger recul physique semblent l’encourager:
« Ou alors est-ce que tu penses que les voeux sortent de nous si le moyen par lequel ils existent ne se trouve plus à l’intérieur? »

C’est vrai, comment ça se fait que personne n’ait encore eu l’idée de faire sa thèse dessus?! Un sujet à la fois physique et spirituel, très dense.

Je n’ai pas le temps de me saisir du problème avant de rejoindre la piste pour me déhancher sur « Last Christmas, I gave you my heart », alors je lui fais don de mon pragmatisme nocturne: « Un conseil: pour le moment, oublie les raisins. Et peut-être aussi un peu le vin! ». 
Ça peut pas faire de mal.


Raisins ou pas, je vous souhaite une très belle année et je vous conseille d’imaginer que les 12 coups de minuit retentissent à nouveau pour formuler vos 12 voeux!


12 voeux